CEA de Saclay – Auguste Perret

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En 1948, l’architecte Auguste Perret est nommé  conseiller pour les questions d’architecture pour la construction d’un grand centre de recherche à Saclay.

Perret est alors un vieux monsieur respecté, Président d’honneur de l’Union nationale des architectes, maître incontesté de l’architecture du XXème siècle, dont Le Corbusier a été l’élève.

Perret commence par faire table rase des esquisses de ses collègues et travaille sur un projet à la fois architectural et urbanistique. Dans une lettre conservée à l’Institut français d’architecture, il évoque lui même l’idée de « Palais de la science » et opte pour un système orthogonal orienté nord-sud, est-ouest déterminant des îlots d’environ 200 m X 200 m.

L’œuvre, qui suit la tradition classique, est cependant inscrite dans la logique d’un programme précis, marqué de contraintes scientifiques. Les bâtiments ont deux ou trois étages, l’architecture intègre les besoins techniques des laboratoires (alimentation en fluides, électricité…), les ponts roulants, de vastes espaces pour les installations, les manipulations et les bureaux. Perret soigne les façades rythmées de montants en béton brut de décoffrage et de panneaux de béton rose teint dans la masse. Il campe le tout dans de vastes espaces et de larges avenues.

La composition monumentale de Saclay n’est pas sans évoquer l’urbanisme versaillais (façade Est du 523). Les bâtiments sont percés de portes monumentales (B.450) ornées de colonnes, de frontons (B.526, B. cyclotron), de chapiteaux et de pilastres (cantine 1). Pour donner du relief, créer de l’ombre, les colonnes sont légèrement décollées des murs (Cantine 1), les façades, d’une grand sobriété d’ensemble, sont constituées de rectangles de béton rose encastrés les uns dans les autres et bordés de cadres de béton brut.

Les toits sont percés de grandes fenêtres ouvertes au Nord pour tirer parti « l’éclairage zénithal », comme dans les ateliers de peinture. Cet éclairage offre l’avantage d’utiliser une lumière naturelle dont l’intensité varie peu avec l’heure du jour. Les meneaux des fenêtres, dont les cadres métalliques sont à peine visibles, sont calculés au centimètre et fabriqués tout exprès…

Ce premier style a tant de force que, pour reprendre les termes de Paul Andreu « au fil du temps… il ne se crée pas de nouveaux types et l’on assiste plutôt à une dégénérescence du type initial ». Saclay aura sa vieille ville, crées par Perret, regroupée autour du 523 : château d’eau, chaufferie, EL2, cyclotron, direction, restaurant 1, ateliers de technologie… et sa périphérie. Certains bâtiments sont même « architecturalement égarés » : le LECI, par exemple (B.), dont le plan avait été conçu pour Fontenay-aux-Roses, échappe au style local.

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