Premières constructions célèbres en béton

Deux matériaux symbolisent la modernité architecturale : le fer et le béton. Le premier domine au XIXe siècle, dont l’histoire est ponctuée par les prouesses structurelles des ingénieurs et les questionnements des architectes quant à l’avenir de leur art bouleversé par le progrès technique. Le second marque le XXe siècle. Cette pierre artificielle est issue d’un mélange pâteux composé de sable, de granulats et d’eau, durci par la prise du ciment qui lui est incorporé et rigidifié par l’incorporation d’armatures de fer dans sa masse. Apprécié des architectes depuis plus de 100 ans, le béton est généralement honni par la population.

Le ciment, l’ingrédient le plus important du béton avec l’eau, a été inventé par les architectes romains de l’Antiquité. La recette de ce ciment ayant malheureusement disparu avec la chute de l’Empire, ce n’est qu’au début XXe siècle que le béton fait surface. À cette époque, l’invention du béton armé révolutionne l’art de construire. Dès les années 1920, la profession se réorganise pour faire face au nouveau marché de la construction en béton. Les matières premières (sable, gravier, ciment) sont disponibles partout. Peu à peu, la pierre naturelle cède le pas au béton. Mais c’est en France où il a été en grande partie inventé, promu et développé qu’il connait un essor considérable. De 1928 à 1940, le béton armé est employé abondamment dans la construction des ouvrages défensifs de la Ligne Maginot.

La puissance des grandes entreprises françaises de béton armé restées actives durant la seconde guerre mondiale grâce à la construction du Mur de l’Atlantique et la prééminence des ingénieurs des Ponts et Chaussées, traditionnellement favorable au béton, permet de procéder à la politique de logements de masse qui s’achève en 1953.  La préfabrication en béton permet un assemblage rapide par une main d’oeuvre peu qualifiée et peu nombreuse. Son coût modique permet de reloger des centaines de milliers de personnes à un coût modique. 

Les architectes, dépourvus de compétence technique, sont marginalisés au point de perdre progressivement le monopole de la conception. Mais de grands architectes réalisent que le béton offre beaucoup de libertés dans la conception et la construction des bâtiments. Il est facile à mettre en place, on peut lui donner la forme qu’on veut et grâce à lui on peut s’affranchir de certains murs porteurs. Auguste Perret et Frank Lloyd Wright font du béton armé un matériau architectural à part entière, ne cherchant plus à simuler la pierre naturelle. Avec Le Corbusier, le béton s’offre comme une option au mur-rideau léger de métal et de verre, qu’il détrône dans les années 1960, après que la critique architecturale eut discrédité ce dernier, y voyant un facteur de monotonie urbaine, et déclaré le béton « matériau du futur ».

Mais certains architectes regrettent dès les années 70 que le béton ait été utilisé de manière trop massive donnant lieu à des paysages urbains parfois très monotones. L’arrivée du Béton à Hautes Performances (BHP) révolutionne la construction des ouvrages d’art qui deviennent plus fins, plus élancés et plus durables. Le pont de l’Ile de Ré, achevé en 1988, est l’une des premières constructions à utiliser largement les BHPAu XXIe siècle, le béton est le matériau de construction le plus utilisé au monde pour les habitations. Alors qu’on lui reproche d’être froid et gris, le béton devient tendance dans les lofts et dans la décoration de style industriel. 

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Maison Coignet – François Coignet – Saint-Denis – 1853 : réalisé  « à la lyonnaise », c’est-à-dire en pisé, le procédé consiste à remplacer la terre par un mortier de cendre de houille fait de chaux, de cendres et de scories mélangés de manière homogène et en ajoutant de l’eau. Une commission composée de quatorze architectes et présidée par Henri Labrouste visite le chantier de construction en novembre 1855 et signale l’économie du procédé due à deux causes : l’usage de matériaux de peu de valeur et le remplacement des ouvriers qualifiés par des manœuvriers.

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Eglise Sainte-Marguerite – L.A. Boileau  – Vésinet – 1864 : réalisée suivant le procédé Coignet de construction de béton aggloméré imitant la pierre, cette église fut très critiquée lors de sa réalisation en raison du procédé Coignet qui a provoqué très rapidement des marbrures noires sur les murs (liées au mâchefer présent dans le béton). Boileau lui-même n’appréciait pas le béton et fit beaucoup pour dévaloriser le matériau.

Église Saint-Jean de Montmartre

Eglise Saint Jean de Montmartre – Anatole de Baudot – 1894-1904 : disciple de Viollet-le-Duc et de Henri Labrouste, Baudot eut l’intuition des formidables possibilités du béton.

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1, rue Danton – Edouard Arnaud – 1901 : Lorsqu’il construit l’immeuble de la rue Danton à Paris, François Hennebique cherche à prouver les qualités du béton armé sans rompre avec l’image rassurante des immeubles de rapport parisiens. Il définit des façades d’apparence massive, très décorées.

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immeuble 25 rue Franklin – Frères Perret – 1903-04

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Salle du Centenaire – Max Berg – Breslau – 1912

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Villa – quartier de Saint-Rambert, Lyon – Tony Garnier – 1912 à 1919 : Tony Garnier, ce n’est pas seulement le stade de Gerland et le quartier des Etats-Unis. L’architecte a construit dans les années 1910-20 trois villas rue de la Mignonne à Saint Rambert (Lyon 9e). Méconnues du public, elles furent pourtant des prototypes de son grand projet de Cité Industrielle. En savoir +

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Central téléphonique « Bergère » – François Le Cœur – rue du Faubourg Poissonnière, Paris 9 – 1914

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Maison Dodge – Irving Gill – 1916

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Maison de West Hollywood – Rudolf Schindler

hangars paraboliques d’Orly (Freyssinet)

Maison sur la cascade

bureaux de la société Johnson Wax à Racine, Wisconsin, Frank Lloyd Wright

Hangar de l’aérodrome d’Orbetello, en Toscane (Italie), réalisé en 1940 par Pier Luigi Nervi

salle de conférences de l’U.N.E.S.C.O. à Paris (Nervi)

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